15 juin 2009
D.D.D. 2009... *
(* Décevants Designer's Days 2009)
J'en attendais encore beaucoup cette année, sans savoir à quoi m'attendre cependant, au vu de la conjoncture et de l'évènement lui même qui a déjà bien vécu... le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai été déçue.
Le thème d'abord - Secrets de Design - a visiblement peu inspiré les showrooms, et il fallait souvent se creuser la tête pour voir un quelconque rapport!
Ensuite, les marques ont moins d'argent à consacrer à ce genre d'évènements, d'autant plus que le public qu'attirent ces soirées est de moins en moins pointu...
Ce qui fait que même dans les meilleurs spots de la Rive Gauche (habituellement ma partie préférée, parce que c'est là que l'on voit les plus belles mises en scène) on peine à trouver son bonheur.
Voici ce que j'en ai retenu:
- Cassina d'abord, dont j'ai beaucoup apprécié l'interprétation du sujet, puisqu'ils nous proposaient de redécouvrir les sièges mythiques à travers leur structure, leur "squelette" comme avec une radiographie.
C'est toujours intéressant de percer les petits secrets du design et de changer de regard sur ces best-sellers vus et revus!


- Boffi ensuite, surtout pour le lieu, encore et toujours...


- Boffi Bains, pour la scénographie qui reconstituait une serre tropicale... pas extraordinaire, mais néanmoins au dessus du lot de tout ce que j'ai pu voir pendant 2 jours.


- Elitis, pour le travail de Kitchen Paradise. Le design culinaire m'intéresse de plus en plus, et quelques tableaux étaient réussis, notamment le jeu pétales de tissus/langues de chat chocolat ou papier mosaïque/loukoums.

Le problème, c'est que qui dit Design Culinaire dit souvent dégustation gratos, le minuscule showroom était donc le repère de tout ceux qui voulaient s'en mettre plein la panse... au point de goûter le décor!
Sur la Rive Droite, circulez, ya rien à voir ou presque:
- le très beau showroom de Silvera rue de Wagram, qui pouvait se passer de décor cette année en raison de sa toute fraîche inauguration
- et surtout, et comme toujours, Baccarat.
Parce que le lieu, là encore, vaut le détour. Arrivés tôt cette fois ci, nous l'avons visité en portant toute notre attention sur les détails, et que l'on soit fan de Starck ou pas, c'est vraiment beau, spectaculaire, et très bien pensé.
Et parce que la marque sait s'entourer de scénographes de talents pour nous proposer chaque année une intervention magique, poétique, époustouflante (je vous laisse à ce propos jeter un coup d'œil à la mise en scène de l'année dernière)
Pour "Le rouge de 5 heures", Maurizio Galante et Tal Lancman révèlent au grand public un des secrets de la Maison Baccarat, à savoir la difficulté d'obtenir la teinte rouge en cristallerie, grâce à la fusion de la matière première avec de l'or.
Mais ils créent surtout une œuvre aux multiples niveaux de lecture, qui se révèlent au fur et à mesure qu'on l'observe, entre deux "ouuuaah c'est beaauuu": le tigre qui s'élance dans son cerceau enflamme, le symbole du feu, de la puissance, le thème du temps et de l'attente, les multiples jeux de respiration, de reflets, de projections, de matières...



Conquise je suis, et merci pour cette œuvre qui a sauvé ma perception générale sur ces 2 soirées!
Espérons que la soirée de clôture relèvera le niveau, ou que l'on verra mieux l'année prochaine...
22 janvier 2009
Les vitrines Lanvin
Il y a peu de marques (de luxe j'entends) qui me font rêver et me scotchent en même temps par la cohérence de leur ligne créatrice. Par extension, je pourrais supplier ces quelques marques de bosser pour elles, dans des domaines qui parfois, n'ont rien à voir avec mon vrai job.
Je pourrais par exemple, me damner pour les publicités Hermès. Je pourrais ramper pour participer aux projets des boutiques Dior ou Chanel. Je pourrais vendre une cornée pour connaître les coulisses de Martin Margiela. Et je pourrais passer ma vie devant les vitrines Lanvin.

Ce sont les seules vitrines que je ne manque jamais de regarder, celles dont je sais dire avec exactitude si le thème a été modifié, et chose incroyable: qu'on les aime ou non, elles ne laissent jamais indifférent.
Il paraît que c'est Alber Elbaz himself, le directeur artistique de la marque, qui en supervise la réalisation.

Evidemment, je les aime quasiment toujours: j'aime l'idée de la vitrine qui dépasse le sujet bêtement mode, et qui tend vers le cliché instantané de la société, j'aime le décalage et l'humour qui explosent et les mannequins expressionnistes dégingandés et leurs longs faux-cils...



... parfois, même, je regarde les produits.
En un mot comme en cent: Je suis FOLLE des vitrines Lanvin!
(que celui qui aura trouvé l'allusion hautement culturelle contenue dans cette dernière phrase me fasse signe)
13 novembre 2008
Martin Margiela au MoMu
Zoom sur le Musée de la Mode d'Anvers: l'exposition consacrée aux 20 ans de la Maison Martin Margiela vaut bien qu'on y consacre un billet.
Tout d'abord je dois dire qu'en mode, je n'y connais pas grand chose.
J'ai quelques bases de l'époque où je voulais être styliste, mais depuis, j'ai plus une vision magazinesque de la chose qu'un vrai sens du style ou de la démarche couture.
Alors Martin Margiela, pour moi, c'était le type qui peinturlure tout de blanc y compris ses boutiques, celui qui ne veut pas apparaître en public, celui qui fait défiler des créations parfois bizarroïdes, la marque des pulls à coudière et des vêtements aux 4 points de couture blanc visibles dans le dos... (que celles qui s'y connaissent plus que moi n'en profitent pas pour me jeter des prunes pourries, je grossis volontairement le trait, mais l'idée est là)
Le pire, c'est que je suis déjà rentrée dans une boutique Margiela (celle de Montpensier), pour y faire un cadeau, mais c'était tout.
Autant dire que j'aurais pu passer à côté de cette expo, et ça aurait été vraiment dommage.
D'abord parce que c'est plus qu'une rétrospective: l'exposition donne les clés de l'univers Margiela, et mieux encore, donne à voir les différentes pistes de recherches entamées.
Incognito // La peinture // Destroy // Assemblage // Trompe l'œil // XXXL // 'Flat Garments' // Collection artisanale // 'Tailoring' - Processus de conception / Épaules / Replica // ...
On a l'impression que l'expo s'adresse à la fois aux néophytes qu'aux élèves de l'École d'Anvers qui étaient nombreux ce jour là à détailler les coupes, noter les trouvailles stylistiques, prendre en photo des détails.
Du coup, c'est un vrai plaisir de se plonger dans les réflexions portées par l'équipe, et d'essayer de comprendre la démarche qu'il y a dans ces créations, qui au premier abord effectivement m'avaient parus "bizarres", mais sont en fait les ingrédients d'une recherche constante autour de la mode, du vêtement et du porté.

Mentions spéciales pour ma part:
- "A doll's wardrobe" qui reprend des vêtements de poupée Barbie, Ken, GI Joe, mais à l'échelle humaine!
C'est une réflexion qu'on a toutes dû se faire une fois en habillant nos barbies: "hé maman reugarde ma poupée, ben les boutons de son blouson y sont gros comme ses mains"... et c'est pas loin d'être vrai, les boutons pressions sont gros comme des pièces en chocolat, les fermetures éclair sur-dimensionnées, la laine des gilets est hyper épaisse et même les finitions dégueu sont agrandies (ce qui donne un fil de 15cm à la fin de chaque couture). J'étais excitée comme une puce devant ces pièces... non mais sans blague, c'est génial comme idée, non?
- Collection artisanale, qui présente des pièces uniques faites à partir de matériaux de récupération, transformés à l'extrême jusqu'au méconnaissable parfois. Impossible de prendre des photos de toutes les pièces, à part de la robe avec le motif recréé en boutons. ça donne notamment de jolies pièces comme une veste à col haut en bandes élastiques de natures différentes, une veste en colliers de perles fantaisie, une étole en boules de cotillon, ou encore la fameuse veste du défilé de cet été, en perruques blondes.
- Trompe l'œil, une idée visiblement chère à l'équipe Margiela, où les vêtements sont imprimés de photos d'un autre vêtement. Hum. Je ne sais pas si je suis très claire, en tout cas, en vrai c'est géant comme résultat, et si vous voulez mieux comprendre, ben vous irez voir et puis c'est tout.

L'exposition fait la part belle à tout ce qui fait l'univers Margiela en dehors de la couture: chaque invitation aux défilés fait par exemple l'objet d'une création spéciale.
Fait rare lorsque l'on parle de l'univers d'un créateur, le travail autour des boutiques et de ses propres bureaux est aussi disséqué. Il faut dire que Martin Margiela est un cas à part, puisque toute la création, tout ce qui vise à représenter la marque, est fait directement par les équipes internes. Là encore, c'est plein de trouvailles, d'idées qu'on ne verrait nulle part ailleurs et qu'on aimerait bien piquer!
Même la scénographie joue avec les codes de la Maison, en mélangeant le blanc et les trompe l'œil issus de photos agrandies de la salle d'exposition... encore une idée géniale que j'aurais honteusement repompée si j'avais vu ça pendant mes études!

Bon, vous l'aurez compris, j'ai été complètement bluffée et enthousiasmée par cette expo, et je la recommande chaudement à tous ceux qui comptent passer par Anvers... n'oubliez pas de lire le dépliant, il est hyper intéressant!
Maison Martin Margiela '20' The Exhibition
jusqu'au 8 février 2009
MoMu (Musée de la Mode)
Nationalestraat, 28
Anvers
26 septembre 2008
Buenos Aires au Bon Marché
Détour samedi par le Bon Marché pour ne pas rater l'exposition dédiée à Buenos Aires.
L'année dernière déjà, j'avais tardé à aller à l'expo sur Tokyo, et il y avait pleins de trucs épuisés.
Cette fois, pas question de me faire avoir.

Bon, niveau shopping j'ai été un peu déçue.
C'est ma faute aussi, j'adore les boutiques des musées, et parfois, je zappe carrément les expos pour me concentrer entièrement sur ce qu'il y a à acheter. :) (aaah le gros craquage au MoMa store, ça aussi il faut que je vous en parle)
Du coup, après l'expo Love Tokyo et sa boutique hyper fournie en gadgets kawaï et trucs curieux à manger, il en aurait fallu vraiment beaucoup pour me faire péter un boulon (et mon porte monnaie).
Par contre, j'ai été séduite par la mise en scène de l'expo sous la verrière: des couleurs vibrantes, des clichés saisissants, et donc une ambiance particulièrement accrocheuse entre nostalgie et modernité, où le tango règne en maître.
Il y a une vraie force qui se dégage des photos exposées, où l'on perçoit la concentration des danseurs, et la gravité sur les visages... c'est visiblement bien plus que de la danse, ils y jouent leur vie!
Un jour, j'irai me plonger dans cette énergie créative, j'irai voir l'Argentine en vrai.
Paris - Buenos Aires
Le Bon Marché
jusqu'au 11 Octobre
30 juillet 2008
Tombées du camion
L'une des jolies découvertes faites ce dimanche dans le quartier des Abbesses, c'est une petite boutique qui ne paie pas de mine.
Une fois la porte franchie, et les premiers cageots d'embauchoirs en bois et autres entonnoirs de chimiste passés, ce qui frappe surtout c'est la cohérence de tous les objets et les jolies mises en scène, composées de bric et de broc...

Des yeux de poupée, des bidules tendance Pif Gadget, des images rétro, des bouquets d'yeux de nounours, une armée de petits soldats de plomb, des moules vintage à chocolat, des lettres d'imprimerie, des boîtes de pilule comme chez mamie, des bijoux en plastoc, des ciseaux à couture anciens, le meilleur comme le pire, j'en suis sûre...
le tout regroupé minutieusement dans des casiers en bois ou disposé sagement sur des étagères, pour un effet au final plus "cabinet de curiosités" que brocante ou boutique de récup; ce qui n'est pas plus mal.


Il me prend soudain des envies de retrouver mes vieilles poupées et de leur arracher les yeux, de piquer les remèdes médicinaux de mon grand-père, d'acheter des petites cages en grillage ou des savons à la violette de Parme pour les mettre chez moi!
malheureusement, mon architecte préféré n'a pas l'air très sensible aux charmes des bricoles vintages...
hum... j'ai peut être une chance avec les grosses lettres d'imprimerie? hihi
Tombées du camion
17 rue Joseph de Maistre
75018 Paris
http://www.tombeesducamion.com/
22 juin 2008
Designer's days 2008
Un petit récap en image des Designer's Days 2008, qui se sont déroulés du 12 au 16 Juin.
(Pour les non-initiés: chaque année depuis 2001, les Designer's Days créent un parcours entre les showrooms parisiens de design, mobilier, déco...
Les vernissages de l'évènement, Rives droite et gauche, donnent l'occasion aux différentes marques de rivaliser autour d'un thème - cette année Matière et Couleur - et à des milliers de visiteurs de boire un des verres, et de découvrir de chouettes scénographies!)
Cette année, peu de jolies choses à signaler et malheureusement aussi l'impression générale que les marques ont moins joué le jeu, ou carrément réduit le budget!
Mentions spéciales toutefois pour:
Boffi, sur la Rive Gauche, autour d'un happening articulé comme toujours autour de créations culinaires surprenantes (par Marc Brétillot). On joue avec les textures, et les couleurs pour rappeler des matériaux de déco...
Baccarat, sur la Rive Droite, autour d'une scénographie créée par les architectes Moatti & Rivière.
Poésie de la glace qui emprisonne et se découpe autour des objets en cristal, et tristesse de voir cette belle installation fondre, sans que quiconque ne puisse l'empêcher...
et c'est aussi l'occasion de venir chaque année dans ce lieu féérique qu'est le Musée Baccarat et de prendre pleins de photos! gniark gniark















